Mode EncoRE

En bref

Votre corps ? Prenez celui d’en face.

Avenging Spirit est un jeu d’action-plateforme Game Boy où l’on progresse en possédant les ennemis plutôt qu’en améliorant un héros unique. Chaque corps change la façon de se déplacer et d’attaquer. Un peu raide et très court, mais suffisamment inventif pour rester recommandable aux amateurs de curiosités 8-bit qui préfèrent les bonnes idées au confort.

Difficulté
Relevée — 3 sur 5
Durée de vie
Raisonnable — 2 sur 5
Prise en main
Intuitive — 2 sur 5
Public
Enfant

Explorer cet univers

Conseillé pour

  • Vous aimez les jeux courts construits autour d’une vraie idée de gameplay. Changer régulièrement de capacités vous amuse plus que maîtriser un héros unique.

À savoir avant de jouer

  • Vous recherchez un jeu plateforme très fluide et précise. Vous voulez une aventure longue avec une vraie sensation de progression.

Le jeu

Avenging Spirit apparaît d’abord en arcade en 1991 dans le catalogue Jaleco avant de connaître son adaptation Game Boy. Sa mécanique de possession reste son identité fondamentale : plutôt que de réduire le jeu à un héros et quelques pouvoirs, la conversion portable conserve l’idée de transformer les ennemis eux-mêmes en boîte à outils.

C’est probablement ce qui explique le mieux pourquoi cette petite licence continue de refaire surface malgré sa discrétion. Avenging Spirit n’a jamais eu besoin de devenir une grande série pour avoir une idée que l’on se souvient d’avoir jouée.

On avance dans des niveaux d’action-plateforme assez classiques en apparence : ennemis, plateformes, tirs, boss, passages à apprendre. Mais la mécanique de possession donne au jeu une saveur particulière. Selon le corps que l’on emprunte, on ne progresse pas exactement de la même manière : certains ennemis tirent de loin, d’autres sautent mieux, encaissent davantage ou se faufilent plus facilement.Cette variété rend Avenging Spirit plus malin que beaucoup de petits jeux d’action portables. En contrepartie, l’expérience peut sembler irrégulière : tous les corps ne se valent pas, certains mouvements sont raides, et l’écran Game Boy oblige à accepter une lisibilité limitée. Mais quand le système fonctionne, il donne vraiment envie d’expérimenter. C’est un jeu pour curieux, pas pour pilote automatique.

Expérience aujourd’hui

Avenging Spirit fait quelque chose d’assez rare : son héros est presque le personnage le moins intéressant du jeu. Mort dès l’introduction, il passe l’essentiel de l’aventure à emprunter les corps de ses ennemis.

Et c’est là que cette petite cartouche devient amusante. Un adversaire possède une attaque plus pratique ? Prenez-le. Un autre saute mieux ou permet d’aborder la prochaine zone différemment ? Changez de corps. La possession ne reste jamais un simple gadget : elle oblige à s’adapter régulièrement à de nouvelles capacités et donne au jeu une identité que beaucoup de plateformes plus ambitieuses n’ont jamais trouvée.

Tout n’a pas aussi bien vieilli. Les déplacements sont parfois raides, les affrontements manquent de finesse et l’aventure se termine vite. Mais sa brièveté joue presque en sa faveur aujourd’hui : Avenging Spirit expose son idée, la décline sans s’éterniser et laisse rarement le temps à sa formule de devenir banale.

On ne vient pas y chercher le meilleur jeu de plateforme de la Game Boy. On vient voir jusqu’où peut aller un fantôme quand tout le monde devient une vie supplémentaire.

Anecdotes

Au Japon, Avenging Spirit s’appelle Phantasm. Plus mystérieux, mais nettement moins pratique pour deviner qu’on va passer son temps à voler le corps des voisins.